Une protestation forte à Chambéry pour dénoncer la politique de lutte contre la dermatose bovine
Ce vendredi soir, environ 200 personnes, principalement des éleveurs, ont manifesté devant un bâtiment des services de l’État à Chambéry en Savoie, pour protester contre la stratégie du gouvernement face à la dermatose bovine. Selon des reports de France Bleu, les manifestants ont déversé des bottes de paille et suspendu un veau devant les locaux, des actions symboliques destinées à dénoncer la politique d’abattage systématique mise en place. Ces éleveurs dénoncent un protocole jugé injuste et inefficace, estimant qu’il s’agit d’une «épée de Damoclès» constante sur leur activité, alors que la situation sanitaire commence à se stabiliser.
Cette mobilisation intervient dans un contexte national marqué par une contestation croissante dans le Sud-Ouest, où des actions similaires ont été organisées pour dénoncer la méthode d’abattage. Les syndicats agricoles, tels que la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale, réclament une vaccination ciblée uniquement des animaux malades, plutôt qu’un abattage total des troupeaux en cas de détection d’un cas, et demandent la mise en œuvre rapide d’une vaccination généralisée sur tout le territoire.
La question de la vaccination évolue également au niveau national. Le ministère de l’Agriculture a récemment étendu le dispositif de lutte, imposant la vaccination obligatoire dans cinq départements (l’Aude, la Haute-Garonne, le Gers, les Pyrénées-Atlantiques, et les Landes), avec interdiction de sortie des bovins hors de la zone vaccinale sauf pour emploi à l’abattoir. Cette décision intervient après que plus de 70% des bovins dans la zone réglementée en Savoie aient été vaccinés, et que le nombre de foyers de dermatose détectés ait diminué, comme l’indique le ministère.
La visite en Savoie de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a également mis en lumière ces tensions. Lors de sa venue, la ministre a assisté à une opération de vaccination dans une exploitation après avoir rencontré les acteurs locaux. Elle a reconnu qu’il y « a quelque chose d’héroïque dans le fait d’accepter l’abattage », mais elle insiste sur la nécessité de lutter contre la maladie, tout en restant dans un cadre de décisions qui restent très contestées par certains éleveurs. La situation demeure donc tendue, entre la nécessité de protéger le cheptel et la préservation des activités agricoles.